Musée, Expositions passées

Un musée, des photos : Expression de Travaux

Expression de Travaux n°5 - MDSM 2004.26.3 © Catherine Poncin
Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie organisé par le Ministère de la Culture, en 2026-27, le Musée de la Seine-et-Marne qui conserve un important fonds photographique vous propose un aperçu de la richesse de ses collections dans ce domaine. Aujourd'hui, dans la rubrique "Un Musée, une Photo" la série "Expression de Travaux" de C.Poncin.

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Présentation

Entre 1826 et 1827 près de Chalon-sur-Saône, Nicéphore Niépce créait la première image photographique fixée durablement sur une surface photosensible. Son invention a révolutionné les représentations de notre monde. Pour célébrer cette invention majeure, le ministère de la Culture organise le Bicentenaire de la Photographie.
Le musée de la Seine-et-Marne conserve un fonds de quelque 50 000 photographies composé de photos documentaires sur le département, de photos d’auteurs en lien avec le fonds Mac Orlan ou avec le fonds ethnographique. Jusqu’à fin 2027, le musée vous propose de vous donner un aperçu de la richesse de ses collections dans ce domaine.

Expression de Travaux

  • Catherine Poncin (née en 1953)
  • Série : Expression de Travaux
  • MDSM - 2004.26.1-8

Tirages à partir d'un fichier numérique sur imprimante Roland FJ500 (tête d'impression piézographique) sur papier pur coton Velin d'Arches. Jet d'encre pigmentaire, base aqueuse. Montage sur charnières en papier Japon, montant légèrement sur les 4 côtés de l'image, avec colle de conservation, le tout tendu sur plaque de polypropylène alvéolaire de 10 mm par encollage des bords du Japon rabattus au revers de la plaque polypropylène. 

Catherine Poncin mène depuis 1980 une quête photographique et plastique qu'elle nomme « De l'Image, par l'image ». Elle initie des travaux personnels et répond à des commandes/cartes blanche. Ses œuvres associent le thème de l’archive aux concepts de mémoire, de patrimoines matériels et immatériels. Photographies, vidéos, livres d’artisteperformances, installations entrent dans le champ de création de l’artiste. Elle initie travaux et workshops en France et à l’International : Algérie, Maroc, Sénégal, Brésil, Jordanie, Québec, Laos, Pays-Bas, Mauritanie, Colombie, République démocratique du Congo.

Catherine Poncin, plutôt que photographier, rephotographie. L’appareil photo ne lui sert pas à capter la réalité, il n’a pas vocation à « écrire la lumière », n’est jamais utilisé comme matériel d’enregistrement de la réalité. Outil mécanique, en revanche, voué ici à l’emprunt, à l’appropriation : images déjà existantes, images appartenant au vaste territoire du monde trouvé, images disponibles dont la boîte noire va s’emparer et dont elle fera son bien photographique.

Elle a été chargée de cours à l’université Paris 8, dans le département photographie multimédia, de 2000 à 2005.

En 2004, L’écomusée de Fresnes et le musée de la Seine-et-Marne s‘associent pour créer l’exposition « C’est quoi ton travail ? ».

Cette exposition propose d’aller au-delà des apparences et du visible pour faire changer la vision du monde du travail. Cette exposition sur le thème des situations de travail associe un propos scientifique, celui de l’ergonomie, et un regard artistique, celui de Catherine Poncin, plasticienne photographe. Cette exposition est née d’une rencontre avec Antoine Laville, l’un des fondateurs de l’ergonomie en France, aujourd’hui décédé. Elle illustre la démarche de l’ergonomie : observation sur le terrain et collecte de données ou de témoignages humains, qui donnent matière à analyse et à restitution. Les métiers présentés, ont été choisis parce que les exigences qu’ils comportent, et les compétences qu’ils réclament, sont parfois méconnues. A partir d’études ergonomiques et avec les conseils de chercheurs, ont été précisés les savoir-faire propres à ces métiers, invisibles aux yeux de la plupart d’entre nous, car nous ne savons généralement ni décrypter, ni analyser le travail. Une fois ces données extraites, elles ont été confiées à l’artiste afin qu’elle aille capter les aspects cachés du travail dans des entreprises. Elle nous a ensuite proposé sa vision artistique des métiers sous forme de montages photographiques. A leur tour, le musée de la Seine-et-Marne et l’écomusée de Fresnes ont rédigé des textes, puis avec l’aide d’un graphiste, ils les ont mis en exposition en les associant aux œuvres.

L’ergonomie : au-delà du visible « Ergonomie » vient du grec ergon (travail) et nomos (loi, règles), c’est donc « la science du travail ». L’objectif de l’ergonomie est d'améliorer les conditions du travail des hommes. Ainsi, ils pourront travailler de façon plus sûre et productive tout en développant leur savoir-faire et leur bien-être. Pour atteindre cet objectif, l’ergonomie développe les connaissances scientifiques sur l'homme au travail, en faisant appel à différentes disciplines (physiologie, psychologie, sociologie, médecine...). Une partie du travail des ergonomes vise à comprendre et révéler ce qui est caché, afin de faire évoluer la compréhension des métiers et du monde du travail. En effet, ce que l’on voit du travail résulte souvent d’activités cachées ou nécessitant des savoir-faire et compétences dont les personnes au travail, elles-mêmes, n’ont pas forcément conscience. L’ergonome montre que ces savoir-faire et compétences existent même pour les métiers les plus simples en apparence. Dans la plupart des métiers il y a des aspects cachés : le travail à deux faces, l’une est visible, l’autre cachée, par exemple : la serveuse de cafétéria ne fait pas que servir, elle prépare les plats, elle organise les présentoirs, elle nettoie, le travail invisible, par exemple : les agents de ménage nettoient les bureaux avant l’arrivée des employés, le travail dans un autre temps, autre temps que le temps ordinaire, par exemple : l'entretien des voies du métro s’opère la nuit, quand le trafic est interrompu, le travail voilé, par exemple : on n’imagine pas l’adaptation à l’espace ou la polyvalence des tâches du personnel de la crèche, le travail crypté, car il n’est pas interprété comme étant du travail, par exemple : le sourire de la caissière.

Réalisée en 2004, l’exposition était une photographie de métiers tels qu’ils étaient pratiqués voilà une vingtaine d’année. Beaucoup se sont modernisés, bénéficiant notamment de l’apport de l’ergonomie,  et certains ont disparu.

Illustrations

Retrouvez ici la description de chaque métier